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La position des éditions Lou Can sur l’usage de l’IA en littérature

Accepteriez-vous d’être servis de produits industriels en allant vous restaurer dans un Michelin ? Certes non. Peut-on alors justifier l’usage d’outils d’intelligence artificielle pour générer des contenus littéraires ? Bien difficilement.

Notre position est claire : la beauté de la création est dans sa pureté, dans son individualité, dans son humanité, et quiconque la remplace par de l’artificiel sort du champ de la création.

Nous ne croyons pas non plus qu’un projet littéraire puisse séparer le fond et la forme, argument spécieux qu’utilisent ceux qui voudraient faire croire que le texte et l’écriture sont secondaires à l’histoire et au témoignage, laissant ainsi croire qu’il serait possible de diriger une IA pour générer son texte, via des prompts, comme certains utilisent des écrivains fantômes (autrefois appelés « nègres ») pour rédiger leurs ouvrages. Libre à eux de le penser, et de se tromper, mais nous le contestons. Être écrivain francophone n’est pas rien, et nous en défendrons toujours les honnêtes principes.

Aussi, que dire des éditeurs qui ne prennent pas le soin de se prémunir contre de telles pratiques chez leurs écrivains ? Ou qui, pour certains mêmes, pourraient le cautionner ? Nous n’en dirons rien, tant ces façons de faire nous semblent médiocres. La moindre des choses pour ces dits éditeurs seraient d’annoncer en introduction que le livre a été co-écrit par une machine.

Hélas, nous connaissons maintenant bien ce monde et son époque, et il est à craindre que ces scrupules seront de moins en moins partagés. Le marketing et le commerce, qui entourent le monde littéraire comme un boa entoure sa proie, usera des méthodes qui lui sembleront les plus aptes à satisfaire ses désirs. Par ailleurs, comment se comporteront les générations de ceux qui sont nés dans une civilisation humaine déjà numérique, et dans laquelle l’IA accompagne chaque moment de leur vie depuis leur naissance ?

Au nom des siècles de littérature qui nous précèdent, les éditions Lou Can refusent tout usage de l’IA pour la génération de tout ou partie des textes qui seront publiés par elles.

Jérémy Taburchi

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